Un nouveau produit cosmétique ne se résume pas à une formule et un packaging réussis. Entre l'idée et la mise sur le marché, quatre étapes réglementaires structurent le parcours et la première d'entre elles est justement celle qu'on oublie le plus souvent.
1. Le dossier matière première : l'étape qu'on oublie trop vite
Avant même de penser formule, chaque matière première doit être passée au crible : sa documentation technique et réglementaire est-elle complète ? Est-elle conforme au règlement cosmétique (CE) n°1223/2009 et autres réglementations en vigueur ?
C'est une étape discrète souvent négligée et c'est justement ce qui la rend risquée. Un ingrédient mal documenté ou non conforme découvert après la formulation, c'est le scénario qui oblige à tout reprendre : la formule, les tests, parfois le planning de lancement.
2. Le DIP : la carte d'identité du produit
Le Dossier d'Information Produit rassemble toutes les informations liées au produit cosmétique entre autres :
- La description du produit, sa formule, ses spécifications, son packaging
- Les preuves des effets revendiqués
- L'évaluation de la sécurité réalisée par une personne qualifiée
Deux obligations à ne pas perdre de vue une fois le produit lancé :
- Le DIP doit rester disponible pendant 10 ans en cas de contrôle
- Il doit être mis à jour à chaque modification du produit mais aussi à chaque évolution réglementaire qui le concerne.
Un DIP figé est un DIP qui vieillit mal !
3. La notification CPNP : le passage obligé avant la mise sur le marché
Aucun produit cosmétique ne peut être mis sur le marché européen sans avoir été notifié au préalable sur le CPNP (Cosmetic Products Notification Portal), le portail européen dédié. Cette étape est la dernière formalité avant la commercialisation mais elle suppose que tout ce qui précède (matière première, DIP) soit déjà solide.
4. Et après la mise sur le marché ? La cosmétovigilance
La conformité ne s'arrête pas à la notification. Une fois le produit en rayon, la cosmétovigilance prend le relais : elle consiste à surveiller les effets indésirables éventuels signalés par les utilisateurs. Cette surveillance est à la charge de la personne responsable.
Qui contrôle quoi en France ?
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, la DGCCRF est seule compétente pour le contrôle des établissements de fabrication et de conditionnement de produits cosmétiques. Une mission auparavant partagée avec l'ANSM.
Ce qu'il faut retenir
Quatre étapes, un seul fil conducteur : plus la vigilance est précoce, moins la facture est salée en aval. Un dossier matière première solide diminue les risques de reformulation. Une veille réglementaire active évite un DIP obsolète.
Un projet de lancement en cours ? Ces étapes se préparent idéalement en parallèle, pas les unes après les autres. N'hésitez pas à prendre contact pour en discuter. Accueil
Ajouter un commentaire
Commentaires